Date de publication : 20 Sep 2025
Temps de lecture : 4 min
Avec près de 7 % des émissions mondiales mais seulement 1,8% des émissions françaises de CO₂, le béton est aujourd’hui au centre des débats sur la transition écologique.
Ce matériau, incontournable pour les infrastructures modernes ( Environ 4 milliards de tonnes de ciment sont produites chaque année, ce qui en fait l’un des matériaux les plus consommés au monde après l’eau), est à la fois une solution durable par sa longévité et une problématique environnementale en raison de son impact carbone, principalement lié à la production du ciment.
Dans un contexte de transition environnementale, réduire l’empreinte carbone du béton constitue donc un enjeu majeur pour l’ensemble de la filière construction.
L’essentiel de l’empreinte carbone du béton provient du ciment et, plus particulièrement, de la fabrication du clinker, son principal constituant traditionnel.
Le clinker est obtenu par cuisson, à environ 1 450 °C, d’un mélange principalement constitué de calcaire et d’argile.
Cette fabrication génère du CO₂ de deux manières principales :
Réduire les émissions associées à la fabrication du clinker constitue donc un enjeu central de la décarbonation du ciment.
La décarbonation du ciment repose sur plusieurs leviers complémentaires.
🔽 Réduire la teneur en clinker
Le clinker peut être partiellement remplacé par d’autres constituants : laitier de haut-fourneau, calcaire, pouzzolanes, argiles calcinées ou encore, selon leur disponibilité, cendres volantes. Le développement de ciments davantage composés permet ainsi de diminuer l’empreinte carbone associée à chaque tonne de ciment.
⚡Décarboner l’énergie nécessaire à la production
L’amélioration de l’efficacité énergétique des cimenteries, le recours aux combustibles alternatifs et le développement d’énergies moins carbonées contribuent également à réduire les émissions liées à la cuisson.
♻️Capter et stocker le CO₂ : le CCS
Une part importante des émissions de la fabrication du clinker provient directement de la décarbonatation du calcaire et ne peut donc pas être supprimée par la seule décarbonation de l’énergie.
Le CCS – Carbon Capture and Storage, ou captage et stockage du carbone, consiste à capter le CO₂ émis par les cimenteries, puis à le transporter et à le stocker durablement dans des formations géologiques adaptées.
Des technologies de CCUS – Carbon Capture, Utilisation and Storage étudient également la possibilité de valoriser une partie du CO₂ capté.
Ces technologies constituent un levier important pour traiter les émissions résiduelles difficilement évitables de la production de clinker.
Agir sur le ciment est essentiel, mais ce n’est qu’une partie de la réponse.
La rĂ©duction de l’empreinte carbone peut ĂŞtre recherchĂ©e Ă d’autres niveaux :
🧪La formulation du béton
En optimisant la quantité et la nature du liant et en mobilisant, lorsque cela est pertinent, des additions.
🎯 Le choix du béton
En formulant un matériau adapté aux performances réellement nécessaires à l’ouvrage.
🏗️ La conception de l’ouvrage
En utilisant la matière au plus juste et en recherchant des solutions constructives adaptées aux besoins.
⏳ La durabilité
En concevant des ouvrages capables de conserver leurs performances pendant la durée de vie attendue et en limitant ainsi les besoins d’entretien, de réparation ou de reconstruction.
Il n’existe donc pas une solution unique pour décarboner le béton, mais un ensemble de leviers complémentaires, à mobiliser aux différentes étapes de sa production et de son utilisation.
Du ciment à l’ouvrage, la décarbonation implique de raisonner simultanément sur les procédés industriels, les matériaux, la formulation, les performances, la quantité de matière utilisée et la durabilité.
Décarboner le béton ne repose pas sur une solution unique, mais sur la combinaison de plusieurs leviers, de la fabrication du ciment jusqu’à la conception et à la durabilité de l’ouvrage.